Publié en 2016 chez Le livre de poche, 380 p.

Premières phrases : " Quelques mois après la parution de mon dernier roman, j'ai cessé d'écrire. Pendant presque trois années, je n'ai pas écrit une ligne. Les expressions figées doivent parfois s'entendre au pied de la lettre : je n'ai pas écrit une lettre administrative, pas un carton de remerciement, pas une carte postale de vacances, pas une liste de courses."

A la page 100 : "Quelques secondes ont suffi pour que L. se rende compte que je n'étais pas tout à fait dans mon état normal. Plus que tout, ma voix trahit mon humeur, ce n'est pas faute d'avoir essayer d'apprendre à la moduler, à la maîtriser, il n'y a rien à faire, ma voix traduit qui je suis, émotive malgré l'augmentation de mon vocabulaire."

J'aime : Cela fait un moment que je l'ai lu alors je vais surtout donner un avis appuyé sur mes souvenirs, qui ne seront peut-être pas très exacts.

J'ai été touchée par la façon dont est racontée cette histoire, faits authentiquement réels ou peut-être un peu déformés justement pour les besoins de l'histoire : la narratrice, je prends ce parti-pris de l'appeler ainsi, semble dans une phase délicate et nous fait partager ce symptôme de la page blanche voir de la phobie d'écrire ( il existe peut-être un mot pour cela, mais tant pis, je vous laisse chercher ;-) ).

Dès le debut, on sent que quelqu'un risque de se glisser dans cette faille, de profiter ou d'abuser de cette fragilité mais aussi que cela va se retourner, que cette relation va se défaire et on pense que cela va forcément mal se finir. C'est donc une écriture très psychologique, très tendue, très proche de l'univers des thrillers.

J'ai adoré la façon dont au final tous les repères sont brouillés, on ne sait plus qui est qui ou qui a fait quoi.

Comme souvent avec les Goncourt des lycéens, je n'ai pas été déçue par cette lecture grâce aux qualités d'écriture et à l'histoire.

Je n'ai pas lu "Rien ne s'oppose à la nuit" alors bien sûr cela est peut-être un peu génant mais cela ne m'a pas perturbé plus que ça.

J'aime pas : j'ai quand même mis du temps à lire, enfin je crois me souvenir d'avoir fait quelques pauses un peu longues, parce que justement l'ambiance est très particulière, très sombre, que j'ai ressenti le besoin de me détacher du livre.

Et je ne suis pas sûre d'avoir envie ou de pouvoir lire "Rien ne s'oppose à la nuit", en tout cas pas dans un futur proche : j'ai le sentiment que je ne suis pas prête à affronter ce que ce titre en laisse apercevoir.

Pour quel public : lycéens à n'en pas douter, adultes. Et puis, peut-être pour des 3ème, pour les faire réfléchir sur la différence entre autobiographie et autofiction, ambitieux peut-être...

107416690_qLOISIR pour la 3eme ligne

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